Mémoire et transformations · Histoire du Vallon

Les siècles
ont façonné le Vallon.

Le Val-de-Travers a toujours été plus qu’une vallée isolée : un chemin entre deux pays, un territoire rural, puis un foyer industriel aux savoir-faire remarquables.

Vue sur le village de Couvet.
Vue sur le village de Couvet.Crédit : Adrian Michael · CC BY-SA 3.0 · image d’origine

Retracer l’histoire de la vallée, c’est regarder ensemble les lieux, les habitants, les métiers et les institutions. Les dates suivantes sont des points de repère, non une chronologie exhaustive : chaque village possède des archives, des témoignages et une histoire qui méritent d’être approfondis.

Lire par période

Des origines au Moyen Âge

Une vallée ouverte
sur deux mondes.

Le Val-de-Travers est un couloir du Jura neuchâtelois reliant le Plateau suisse à la Franche-Comté. Une forme ancienne de son nom, Vallis traversis, est mentionnée vers 1150. Les cours d’eau et les passages expliquent en partie les implantations humaines et les circulations de marchandises.

La vallée est connue sous le nom familier de « Vallon ». Son Haut-Vallon, vers Les Bayards, Les Verrières et La Côte-aux-Fées, se distingue du Bas-Vallon, où se trouvent notamment Môtiers, Couvet, Fleurier et Travers. Il s’agit de réalités historiques et géographiques, non des limites de la commune actuelle.

Communautés, foires et campagnes

La terre,
les chemins, les villages.

Au fil des siècles, les habitants cultivent, élèvent des animaux, travaillent le bois et font circuler les biens de part et d’autre du Jura. La voie historique du sel, la Vy Saulnier, rappelle la place des échanges dans cette économie.

Les villages évoluent dans les structures seigneuriales de la principauté de Neuchâtel. Môtiers joue longtemps un rôle central dans l’histoire religieuse et administrative de la vallée. Le territoire connaît également des changements profonds dans les droits des habitants ; le Dictionnaire historique de la Suisse signale notamment un affranchissement général en 1628.

Au-delà des grandes dates, le patrimoine se lit encore dans les fermes, les moulins, les temples, les rues et les anciennes routes.

Le pont de Saint-Sulpice peint par Gustave Courbet en 1873.
Le pont de Saint-Sulpice peint par Gustave Courbet en 1873.Crédit : Gustave Courbet · Public domain · image d’origine

XVIIIe–XIXe siècles

Le temps
des manufactures.

Le Vallon connaît une importante transformation économique. La dentelle, l’horlogerie, la mécanique, les fabriques et la distillation de l’absinthe participent à son développement. L’industrie attire de la main-d’œuvre et modifie l’habitat, la vie des familles et les relations sociales.

Autour de Travers et de La Presta, l’exploitation des gisements d’asphalte devient une activité emblématique. Identifiés au début du XVIIIe siècle, ces gisements contribueront pendant plus de deux siècles à l’industrie locale, avant que les anciennes mines ne deviennent un lieu de découverte patrimoniale. Lire l’histoire complète de l’asphalte, de 1711 à 1986 ↗

Fleurier et Couvet s’affirment notamment par leurs activités industrielles ; dans d’autres communes, agriculture et ateliers coexistent longtemps. La prospérité n’est pas uniforme : elle s’accompagne de transformations sociales et de crises.

En 1871, au cœur de cette période, l’arrivée de soldats français internés aux Verrières laisse une autre empreinte dans la mémoire de la région : celle de l’accueil humanitaire.

La Presta vers 1904, carte postale historique.
La Presta vers 1904, carte postale historique.Crédit : Librairie-Papeterie E. Blanc (No. DN 455), Travers · Public domain · image d’origine

XXe siècle

Des épreuves
et des adaptations.

L’histoire du Vallon ne se réduit pas à l’âge d’or industriel. Les deux guerres mondiales, la crise des années 1930 et les transformations des marchés de l’horlogerie éprouvent l’activité et l’emploi. La crise horlogère des années 1970 marque particulièrement l’économie régionale.

La population du district historique a connu une forte croissance au XIXe siècle, avant de diminuer au XXe. Les données du Dictionnaire historique de la Suisse évoquent environ 17 177 habitants en 1900 et 12 174 en 2000 pour le périmètre de l’ancien district. Il ne faut pas comparer ces chiffres directement à ceux de la seule commune actuelle sans préciser les limites territoriales.

La région poursuit ensuite une diversification des activités, notamment dans les manufactures horlogères, la microtechnique, les services et le tourisme patrimonial.

XXIe siècle

Neuf villages,
une commune.

Le 1er janvier 2009, neuf anciennes communes se réunissent pour former la commune de Val-de-Travers : Boveresse, Buttes, Couvet, Fleurier, Les Bayards, Môtiers, Noiraigue, Saint-Sulpice et Travers.

Les Verrières et La Côte-aux-Fées conservent leur autonomie communale. Elles demeurent néanmoins intimement liées à l’histoire et à la vie économique de la région.

La fusion ne supprime pas l’identité des villages : elle crée une administration commune tout en laissant subsister les histoires, les paysages et les appartenances locales. Découvrir la population et les institutions actuelles ↗

Une histoire à plusieurs voix

Les archives conservent
bien d’autres récits.

Ce dossier constitue une introduction. L’histoire des femmes, des enfants, des ouvriers, des paysans, des migrantes et migrants et des familles mérite autant d’attention que celle des grandes entreprises ou des institutions.

Découvrir les archives de la commune ↗

Sources historiques

Sources revues en octobre 2026. Pour approfondir chaque période, consulter les archives et ouvrages spécialisés.